KaĂ©de se remĂ©mora l’explication de son aĂŻeul : si, dans un quartier, on laissait les vitres des bĂątiments et des voitures brisĂ©es et que les graffitis du mĂ©tro n’Ă©taient pas nettoyĂ©s, les passants avaient tendance Ă prendre ces dĂ©gradations comme un fait acquis, auquel personne ne prĂȘtait attention. Les bris de fenĂȘtres et les tags allaient en se multipliant. Dans le voisinage, l’ambiance se dĂ©tĂ©riorait, et ces petits dĂ©lits ouvraient la voie Ă des crimes plus graves.
Alors, que faire pour prĂ©venir de tels mĂ©faits ? C’est lĂ que l’entretien des vitres entrait en jeu. Au dĂ©but des annĂ©es quatre-vingt dix, Ă la fois prĂ©occupĂ© par un taux de criminalitĂ© Ă©levĂ© et inspirĂ© par la thĂ©orie de la vitre brisĂ©e, le maire de New York avait investi une somme importante afin d’Ă©liminer tous les graffitis du mĂ©tro. AussitĂŽt, les violences graves avaient diminuĂ© de façon spectaculaire.
« Non que je craigne de voir ces bambins commettre des crimes violents, s’Ă©tait esclaffĂ© grand-pĂšre. Mais si les vitres sont propres, cela les incitera Ă nettoyer le sol et les couloirs. Ils deviendront plus sensibles Ă la poussiĂšre dans les salles de classe. La fenĂȘtre, c’est comme le coeur d’un bĂątiment. La vue d’un carreau propre vous Ă©claircit l’esprit, j’en suis convaincu ».
Ecrivain japonais, Masateru Konishi travaille pour la radio et la tĂ©lĂ©vision. PubliĂ© en 2024, « Les histoires de Kaede » a connu un succĂšs international. Le roman (une belle histoire d’amour entre un vieux monsieur et sa petite-fille) s’inspire de la dĂ©mence du grand-pĂšre de l’auteur.
âïžâïžâïžâïžâïž
Excellente idĂ©e! Ramasser les canettes et les papiers gras que les vacanciers jettent par la portiĂšre les incitera Ă revenir l’annĂ©e prochaine.
Câest pour ça que jâaime le Japon et la CorĂ©e du Sud.
Le indigĂšnes y ramassent vos papiers gras?
Mais jâai cru comprendre quâil y avait les bons et les mauvais touristes ? đ
Je reste assez dubitatif sur l’efficacitĂ© rĂ©elle ou supposĂ©e dâune telle mesure censĂ©e ĂȘtre vertueuse. Mais enfin on pourrait quand mĂȘme demander aux dĂ©cideurs marseillais (au hasard đ) de la mettre en Ćuvre et voir comment ça rĂ©agit. On nâa pas lâoccasion, en la matiĂšre, de rigoler tous les jours …
Ce passage m’a fait sourire. Et laissĂ©e rĂȘveuse. N’oublions pas que nous sommes Ă Tokyo. Mais tout de mĂȘme ! L’auteur n’Ă©voque t ‘il pas New York ? Cela aurait donc rĂ©ellement fonctionnĂ© dans l’une des villes les plus compliquĂ©es du monde ? Nous autres europĂ©ens avons du mal Ă y croire ! Une anecdote : en Alsace, il est de coutume de balayer son bout de trottoir chaque week-end. Et ça marche ! Les passants se montrent bcp plus respectueux.
Je nâen doute pas: la propretĂ© est une invitation Ă sa continuitĂ©, la saletĂ© et les incivilitĂ©s aussi dans lâautre sens. Tout cela n’est-il pas une simple rĂšgle d’Ă©ducation ?
La propretĂ© est Ă©galement un trait de caractĂšre. MĂȘme avec une Ă©ducation rigoureuse, certains nâabaissent toujours pas la cuvette des WC !
Et certaines ne la remontent pas.
Ah vous hein !