Kaéde se remémora l’explication de son aïeul : si, dans un quartier, on laissait les vitres des bâtiments et des voitures brisées et que les graffitis du métro n’étaient pas nettoyés, les passants avaient tendance à prendre ces dégradations comme un fait acquis, auquel personne ne prêtait attention. Les bris de fenêtres et les tags allaient en se multipliant. Dans le voisinage, l’ambiance se détériorait, et ces petits délits ouvraient la voie à des crimes plus graves.
Alors, que faire pour prévenir de tels méfaits ? C’est là que l’entretien des vitres entrait en jeu. Au début des années quatre-vingt dix, à la fois préoccupé par un taux de criminalité élevé et inspiré par la théorie de la vitre brisée, le maire de New York avait investi une somme importante afin d’éliminer tous les graffitis du métro. Aussitôt, les violences graves avaient diminué de façon spectaculaire.
« Non que je craigne de voir ces bambins commettre des crimes violents, s’était esclaffé grand-père. Mais si les vitres sont propres, cela les incitera à nettoyer le sol et les couloirs. Ils deviendront plus sensibles à la poussière dans les salles de classe. La fenêtre, c’est comme le coeur d’un bâtiment. La vue d’un carreau propre vous éclaircit l’esprit, j’en suis convaincu ».
Ecrivain japonais, Masateru Konishi travaille pour la radio et la télévision. Publié en 2024, « Les histoires de Kaede » a connu un succès international. Le roman (une belle histoire d’amour entre un vieux monsieur et sa petite-fille) s’inspire de la démence du grand-père de l’auteur.
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