Au matin (E. Grieg)

Dans le désert marocain, Peer Gynt s’est endormi, juché sur un arbre pour se protéger d’un groupe de singes .

Cinq notes, une flûte traversière et un hautbois. Le soleil se lève. Puis l’entrée des cordes. Tout est calme et volupté. Un crescendo : l’astre poursuit son ascension dans le ciel. Enfin, les instruments jouent à l’unisson. Ebloui par le soleil, Peer Gynt se réveille.


Concerto pour violon en ré majeur op.35 (P. Tchaïkovsky)

1878. Après l’échec de son mariage et « la déconvenue humiliante » du Lac des Cygnes, Tchaïkovsky part en Suisse. Pendant le séjour, son ami Josef Kotek lui enseigne les techniques du violon. Tchaïkovsky compose alors son unique concerto pour violon, en ré majeur, qu’il dédicace au violoniste Léopold Auer. Mais celui-ci, effrayé par la difficulté de l’oeuvre, s’effacera au profit d’Adolf Brodsky lors de la première, en 1881.

Difficile, le concerto en ré majeur de Tchaïkovsky ? 🙂


Le Noël des jouets (M. Ravel)


La partition originelle de cette mélodie pour voix et piano fut égarée par Maurice Ravel qui accepta, en 1913, d’en écrire une seconde orchestration.

L’oeuvre se compose de cinq strophes (écrites par le compositeur) :

  •  les moutons dans la crèche ,
  • la Vierge Marie dans sa crinoline,
  • le chien Belzébuth tapi pour dévorer l’enfant Jésus fait de sucre peint,
  • les anges suspendus,
  • l’adoration.
Le troupeau verni des moutons
Roule en tumulte vers la crêche
Les lapins tambours, brefs et rêches,
Couvrent leurs aigres mirlitons.

Vierge Marie, en crinoline.
Ses yeux d'émail sans cesse ouverts,
En attendant Bonhomme hiver
Veille Jésus qui se dodine

Car, près de là, sous un sapin,
Furtif, emmitoufflé dans l'ombre
Du bois, Belzébuth, le chien sombre,
Guette l'Enfant de sucre peint.

Mais les beaux anges incassables
Suspendus par des fils d'archal
Du haut de l'arbuste hiémal
Assurent la paix des étables.

Et leur vol de clinquant vermeil
Qui cliquette en bruits symétriques
S'accorde au bétail mécanique
Dont la voix grêle bêle:
"Noël! Noël! Noël!"

Rhapsody in blue (G. Gershwin)

Dans l’Antiquité grecque, les rhapsodes (sortes de troubadours) chantaient des poèmes pour louer les exploits de héros légendaires. En musique, une rhapsodie se dénote par la liberté de son compositeur, qui paraît improviser ; elle s’inspire aussi de morceaux populaires. Enfin, lorsqu’un musicien de jazz joue une « note bleue », il la module d’un demi-ton pour la rendre plus expressive.

Rhapsody in Blue est l’oeuvre probablement la plus connue de George Gershwin. Composée en 1924 pour piano et orchestre, elle marie le jazz à la musique classique. Si le public l’accueillit chaleureusement lors des premières représentations, la critique, elle, fut plus mitigée, reprochant à l’oeuvre ses nombreuses répétitions et « passages inconsistants ».

De l’écrivain F. Scott Fitzgerald au pianiste Lang Lang, Rhapsody in Blue a influencé de nombreux artistes. Sa partition a désormais 100 ans !