Le Noël des jouets (M. Ravel)


La partition originelle de cette mélodie pour voix et piano fut égarée par Maurice Ravel qui accepta, en 1913, d’en écrire une seconde orchestration.

L’oeuvre se compose de cinq strophes (écrites par le compositeur) :

  •  les moutons dans la crèche ,
  • la Vierge Marie dans sa crinoline,
  • le chien Belzébuth tapi pour dévorer l’enfant Jésus fait de sucre peint,
  • les anges suspendus,
  • l’adoration.
Le troupeau verni des moutons
Roule en tumulte vers la crêche
Les lapins tambours, brefs et rêches,
Couvrent leurs aigres mirlitons.

Vierge Marie, en crinoline.
Ses yeux d'émail sans cesse ouverts,
En attendant Bonhomme hiver
Veille Jésus qui se dodine

Car, près de là, sous un sapin,
Furtif, emmitoufflé dans l'ombre
Du bois, Belzébuth, le chien sombre,
Guette l'Enfant de sucre peint.

Mais les beaux anges incassables
Suspendus par des fils d'archal
Du haut de l'arbuste hiémal
Assurent la paix des étables.

Et leur vol de clinquant vermeil
Qui cliquette en bruits symétriques
S'accorde au bétail mécanique
Dont la voix grêle bêle:
"Noël! Noël! Noël!"

Coup de Barre #42

Eté 2024, dans le Sud de la France. Il fait chaud et c’est la fête au village . A l’ombre des platanes, peuchère ! on joue à la pétanque.

Monsieur R. , 60 ans déjà, lance le cochonnet qui oh povre ! s’en va rouler sous les roues d’une voiture. On s’arrête de jouer ; Monsieur R récupère le kiki et le replace sur le terrain de jeu pour tirer ou pointer.

Mais Monsieur B., son adversaire, ne l’entend pas de cette oreille. Il convient de relancer « le petit », c’est la règle ! Monsieur R n’est pas d’accord. Il abandonne la partie et s’en va caner sur la terrasse du plus proche café.

Quelques minutes plus tard, volent les patafioles et débarquent les gendarmes qui empèguent les deux hommes .

A la Barre du tribunal, Monsieur B. reproche à Monsieur R. de lui avoir donné un coup de boule et de lui avoir écrasé le gros orteil avec une… boule.

« C’est vrai que je l’ai poussé avec la tête » reconnaît Monsieur R. « Mais je n’ai pas quitté Marseille pour me faire menacer par un jeune malotru ! »

« On appelle ça un coup de tête » rétorque le président de l’audience qui rappelle que M. B. souffre (tout de même !) d’une fracture du gros orteil.

« Ma fille, qui était présente ce jour-là, est encore traumatisée » se plaint la victime qui réclame indemnisation.

Le président énumère les huit mentions au casier judiciaire de M. R dont des violences conjugales, une conduite sans permis et la falsification de chèques. « Vous avez le sang chaud ! » s’écrie-t-il. Le Procureur, lui, s’indigne de ce déchainement de violence et requiert 8 mois de prison dont 4 assortis d’un sursis probatoire avec obligation de soins .

A l’issue de l’audience, Monsieur R. devra indemniser la victime. Ranger ses boules et porter un bracelet électronique.