Tant que le café est encore chaud (T. Kawaguchi)

A l’instant où Kazu finit de lire la lettre, Mme Kôtake et Kei levèrent les yeux au plafond et éclatèrent en sanglots.

Mme Kôtake comprenait maintenant pourquoi son mari lui avait remis la lettre, à elle qui venait du futur. Il savait qu’elle découvrirait sa maladie et comment elle réagirait. Et en effet, elle se comportait maintenant avec lui comme une infirmière.

Alors qu’il vivait dans la peur et l’angoisse de perdre la mémoire, tout ce qu’il voulait, c’était que Mme Kôtake continue d’être une épouse avec lui. Ses pensées étaient constamment tournées vers elle. Même si sa mémoire disparaissait. Voilà pourquoi il parcourait toujours des magazines de voyages.



Mme Kôtake avait remarqué un jour qu’il avait entouré les noms des lieux où ils étaient allés voir des jardins. Sur le moment, elle avait attribué ça à la persistance de son amour pour son métier de paysagiste. Mais elle était loin du compte. Il avait entouré tous les lieux où ils s’étaient rendus ensemble. Et dire qu’elle ne l’avait pas compris. En prenant ces notes, M. Fusagi luttait pour ne pas oublier sa femme.


Ecrivain, dramaturge et metteur en scène japonais, Toshikazu Kawagushi est né en 1971. « Tant que le café est encore chaud » est le premier d’une série de 5 romans. Adapté au théâtre et à l’écran, l’ouvrage s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires.

Shein : la honte

Une robe à moins de 10 € en 48H ? Avec ses prix imbattables et ses collections à l’infini, Shein (prononcé Chi-Ine) s’est rapidement imposé dans le monde. Shein, c’est un chiffre d’affaire de 23 milliards de dollars avec (seulement) 16 000 salariés dans le monde. Il y a quatre ans, son appli était la plus téléchargée dans la catégorie Shopping. En France, La Poste lui doit d’avoir sauvé sa branche Colissimo.

Mercredi (jour de temps partiel ) , un magasin Shein ouvrira au 6ème étage du très chic Bazar de l’Hôtel de Ville de Paris, avant de s’installer à  Dijon, Reims, Grenoble, Angers et Limoges. Emoi général, cris d’orfraie des bien penseurs. Mais Shein, c’est un peu comme le Qatar : on se pince le nez pour lui parler même si le lendemain, les doigts sentent mauvais.

Samedi, la Répression des Fraudes a signalé au Parquet de Paris la commercialisation « de poupées sexuelles d’apparence enfantine. Leur description et leur catégorisation sur le site permettent difficilement de douter du caractère pédopornographique des contenus« .

Martine Brousse s’en est bien sûr indignée . Sur les plateaux de télé, la présidente de « La Voix de l’Enfant » a appelé Shein à communiquer le nombre de poupées vendues. Pourquoi pas. Mais un seul client pourra en avoir acquis plusieurs.

Et si Shein transmettait plutôt les coordonnées de ses clients ? C’est ce qu’exige l’association Mouv’Enfants sur le site mesopinions.com afin d’identifier et de poursuivre les coupables. A ce jour, Shein s’y refuse.

La honte, pour faire tomber Shein ?