Le dimanche, Isabelle Corlier nous propose de partager une photo sans la commenter.

Bon dimanche !
Mardi soir à Vienne, le syndicat CFDT organisait une réunion publique sur l’interaction de l’intelligence artificielle avec le monde du travail. L’on réalise à quel point cette avancée technologique, d’une puissance inouïe, bouscule notre quotidien et suscite des inquiétudes.
L’IA s’est déjà imposée dans de nombreux secteurs. Et ne nous en cachons pas : pour illustrer nos articles, ce blog a lui aussi recours aux algorithmes.
Pourrons-nous maîtriser le monstre ? L’IA se nourrit de contenus. Qu’elle absorbe, analyse et assimile. Puis régurgite sous forme de contenus polymorphes selon que vous l’interrogez. L’IA est même capable de créer.
L’IA est une « révolution numérique ». Mais toutes les révolutions ont connu des abus. Alors, quelles responsabilités en cas de mauvaise utilisation, d’erreur(s), de non respect des « règles » ?

A l’initiative d’une quarantaine d’organismes de presse, le Tribunal Judiciaire de Paris vient ainsi de se prononcer. En l’espèce, il s’agissait du pillage de contenus de sites de presse français par le site news.day.fr.
Créé en 2021 sans les mentions légales requises (pour échapper aux poursuites ?), le site news.dayfr publie chaque jour, selon le quotidien Libération, plus de 6000 articles « dérobés » à de vrais journalistes à l’aide de l’intelligence artificielle. Les algorithmes chassent les informations publiées sur les sites de presse français, les captent pour les mettre en ligne sur le site d’accueil sans respecter les droits d’auteur ni régler les taxes d’affichage.

« Le site litigieux permet aux internautes d’avoir accès à des oeuvres protégées sans autorisation. Ainsi l’atteinte aux droits d’auteur et aux droits voisins payés par les plateformes pour afficher des contenus de presse est constituée » – jugement du 07/05/2025

En cas d’atteinte aux libertés fondamentales, la sanction est le blocage du site internet. Le Tribunal judiciaire de Paris a donc ordonné que les FAI (Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom) empêchent l’accès à new.dayfr pendant une période de 18 mois.
« Cette décision est une première en France, face à la multiplication de ces sites copiant les médias d’information et fonctionnant sans journalistes »
a commenté la presse.
COIN-LES-CUVRY. Dans cette petite commune mosellane circule une pétition réclamant une évolution du droit. Bientôt, se tiendra une audience devant le Juge des Référés.
Janvier 2024. Julien Ruaro, Conseiller municipal d’opposition s’étonne de ne pas avoir été convié au prochain Conseil Municipal. Il se rend en Mairie où il apprend qu’un courrier recommandé avec accusé de réception, signé de son nom et valant démission, a été reçu par Madame le Maire le 23 Janvier. Que dès réception, sans le contacter, la maire de Coin-lès-Cuvry a écrit au préfet pour prendre acte de cette démission qui, en vertu de la loi, est devenue définitive.
Julien Ruaro pense d’abord à une mauvaise blague. Puis réalise que l’affaire est bien sérieuse. L’élu conteste avoir démissionné, expliquant qu’il n’est pas l’auteur de la lettre. Mais rien n’y fait. Il faut dire que depuis plusieurs mois, Julien Ruaro est en bisbilles avec le premier adjoint de la mairie sur fond d’accusations graves.

Qui a écrit cette lettre ? Julien Ruaro dépose plainte. L’enquête de gendarmerie diligente un graphologue. L’expert est formel : Julien Ruaro n’est pas l’auteur de la lettre de démission. Ni même aucun membre de l’équipe municipale.
La missive comporte 44 lignes de mentions dactylographiées suivies d’une signature illisible apposée à l’aide d’un stylo bille de couleur bleue. Les mentions manuscrites, notamment sur le bordereau d’envoi de la lettre avec accusé de réception sont à attribuer à la main d’un tiers – L’expert
Alors ? Qui est le corbeau ? La question reste entière. N’ayant pas démissionné, Julien Ruaro peut-il réintégrer son mandat ?
Le juge des Référés du Tribunal Administratif de Strasbourg aura à statuer le 13 Mai.
En Mai, fais ce qu’il te plaît ! Sur le Scribe Enjoué, nous vous parlerons des compositrices françaises du XIXème siècle. Beaucoup restent méconnues alors que d’autres jouissent, au contraire, d’une grande notoriété. Toutes ont tenté de s’affranchir de la tutelle des hommes pour faire connaître leur musique.
Jeanne-Louise Dumont naît à Paris le 31 Mai 1804. Le Premier Consul Bonaparte vient d’obtenir, par voie constitutionnelle, la dignité d’Empereur des Français sous le nom de Napoléon Ier. Tandis que Murat gouverne Paris, Beethoven compose Fidelio en Autriche .

Jeanne-Louise choisit le piano. L’enfant est particulièrement douée. En 1819, la jeune Jeanne-Louise se forme à la composition aux côtés d’Antoine Reicha, célèbre professeur au Conservatoire de Paris.
Sous l’Empire, les jeunes filles sont élevées pour se marier et avoir des enfants. La pratique d’un instrument , atout de séduction favorise les belles unions. Les femmes ne peuvent et ne doivent vivre de leur musique.
En 1821, Jeanne-Louise épouse Aristide Farrenc, flûtiste, compositeur et éditeur de musique. Chaque soir, leur maison accueille mélomanes et grands musiciens. A ses heures perdues, Louise Farrenc compose pour ces instruments que l’on a interdits aux femmes parce qu’il leur faut écarter les jambes (le violoncelle) ou les porter à la bouche (flûte, clarinette, hautbois).
Soutenue par son mari, Louise Farrenc se bat pour faire jouer ses oeuvres. Elle suscite ainsi l’admiration de Schumann et Berlioz. Les critiques disent d’elle qu’elle
« compose comme un homme ».
En 1842, Louise Farrenc est nommée professeure de piano au Conservatoire de Paris. Les classes n’étant pas mixtes, elle enseigne aux jeunes filles. Elle obtiendra même d’être rémunérée … comme un homme.
Louise Farrenc fuira les opéras, en vogue à l’époque. Tombée dans l’oubli, elle restera la seule femme à avoir composé trois symphonies qui aujourd’hui, sont redécouvertes et jouées par de grands orchestres internationaux.
Notre préférée :
Louise Farrenc a composé plus de soixante oeuvres. Elle s’est éteinte le 15 Septembre 1875 à Paris.