Procédure civile : le décret du 29/07/2023

Pour une Justice plus rapide et plus efficace, le décret du 29/07/2023 instaure deux nouvelles procédures à compter du 1er Novembre.

L’audience de règlement amiable et la césure : telles sont les deux nouvelles procédures instaurées par le décret n°2023-686 du 29/07/2023 portant mesures favorisant le règlement amiable des litiges devant le Tribunal judiciaire.

L’audience de règlement amiable (ARA)

A la demande des parties ou d’office, avec leur accord, si le juge du fond l’estime nécessaire, le dossier est transféré au Juge conciliateur. Demandeur et défendeur sont reconvoqués à une audience au cours de laquelle elles tenteront de s’entendre. Il s’agit d’une parenthèse dans la procédure : si les parties ne s’accordent pas, le dossier est retourné, en l’état, au juge du fond.



L’ARA est un copier/coller de la phase de conciliation devant les Conseils de Prud’Hommes : en cas d’accord, le Juge dresse procès-verbal de conciliation qui a force exécutoire. Après notification aux parties, la transaction est transmise au juge du fond pour un règlement final du dossier (archivage).

Si le Juge privilégie la conciliation, on ne peut que s’interroger sur les délais supplémentaires imposés aux parties (nouvelle audience) avec reconvocation des parties . La charge de travail des greffes s’en trouve alourdie. Cette réforme impacte également le fonctionnement des juridictions qui manquent, déjà, cruellement de magistrats.

La procédure de césure

Le décret du 29/07/2023 se propose de simplifier la procédure en permettant au Juge de trancher une partie du litige au cours du procès.

La césure concerne la procédure civile écrite (contentieux de l’immobilier…). Pendant la Mise en état, les parties sollicitent, à l’appui d’un acte contresigné par leurs avocats, que certaines de leurs prétentions soient jugées. Si le juge accepte leur demande, le dossier est renvoyé devant le tribunal à une audience où ne seront jugées que les demandes déterminées par les parties.

Le reste du litige reste pendant devant le Juge de la Mise en état.

La clôture partielle du dossier est une avancée : elle devrait permettre, a priori, de réduire les délais de procédure. Mais les parties s’en saisiront-elles ? Le doute est permis. En pratique, la césure complexifie la procédure puisqu’elle contraint les juridictions à « jongler » avec les dossiers. Enfin, mêmes observations que supra sur les contraintes de greffe et de magistrat. Les tribunaux judiciaires ont-ils les moyens de ces ambitions ?

Coup de barre ⚖️

Le Kenya. Pays d’Afrique de l’Est où vivent 53 millions de Kényans autour de Nairobi, sa capitale. Dans ce pays où domine le Kilimandjaro, on y parle le swahili et la Constitution donne le pouvoir au peuple.

La criminalité y est la plus importante de tous les pays d’Afrique . Les vols avec violence et les agressions sont élevés. La corruption gangrène le pays jusqu’aux plus hautes sphères de l’Etat.

En mai dernier, le Parquet général kényan a lancé « Malalashi », une plateforme qui permet aux usagers de déposer plainte en ligne et de demander l’examen des affaires en cours. Elle tend également à « assurer la transparence, le professionnalisme, la responsabilité et l’intégrité dans la prestation de services de justice. »

Mais cette assurance reste relative. Car dans l’affaire qui nous vous relatons, Malalashi n’a rien vu.

On vous raconte !

Coup de barre ⚖️

Le Tribunal, levez-vous ! L’audience est ouverte !


Le prévenu (pas très frais) est présenté devant le Tribunal à l’issue de sa garde à vue.

 » Etiez-vous connu des services de police ?  » interroge le président de l’audience.

– je sais pas. C’est vous le juge. C’est à vous de me le dire.

Un ange passe…


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Coup de barre ⚖️

Le Tribunal, levez-vous ! L’audience est ouverte !


Ennuyeux

A 80 ans, le prévenu est connu pour être « difficile». Ce matin à l’audience, il comparaît pour avoir tagué l’un des panneaux de la commune, en des termes injurieux à l’égard d’un agent municipal.

A la barre, l’homme conteste avec véhémence les faits qui lui sont reprochés. Et puis, il y a quelques mois, le maire n’a-t-il pas pris un arrêté qui portait atteinte à ses droits ?

Le Tribunal suit les réquisitions du Procureur de la République et condamne le prévenu à 1200€ d’amende.

Le Président de l’audience l’invite à quitter la salle. « Je suis heureux de m’en aller, je commençais à m’ennuyer ici. »


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