🎶Tannhäuser – Ouverture (R. Wagner)

1845. Richard Wagner a 32 ans. Tannhäuser et le tournoi des chanteurs à la Wartburg est son cinquième opéra.

Après quelques années à Londres, le compositeur allemand regagne Dresde où il dirige l’orchestre du grand théâtre. Richard Wagner s’engage dans les milieux nationalistes qui militent pour la réunification de l’Allemagne. Son épouse, Minna, s’enfonce dans une profonde dépression.

Mais Tannhäuser ne rencontre pas le succès espéré. A Paris, la salle, qui en veut au compositeur (*), siffle copieusement les artistes. Ulcéré, Wagner interrompt les représentations et quitte Paris.



(*) Tannhäuser bouleverse les codes de l’opéra. Les spectateurs n’acceptent pas que Richard Wagner déplace le traditionnel ballet en milieu de spectacle. Or, « ces messieurs aiment que ce ballet arrive assez tard dans la soirée car ils y assistent traditionnellement une fois qu’ils ont fini de souper. Ils peuvent ainsi admirer leurs ballerines préférées.« 

Heebie-jeebies

Quelle est la musique qui vous donne les heebie-jeebies ? Les chocottes, la frousse, la pétoche.

Dans les années 30, la peur envahit l’Europe. Tandis que Martha, Connee et Vet Boswell chantent qu’il faut danser. Car cela rend heureux.


L’expression »Heebies jeebies » fut inventée en 1923 par le dessinateur Billy DeBeck dans sa bande dessinée Barney Google . En peu de temps, l’expression apparaît partout : au cinéma, la danse (mouvements excentriques avec de vagues associations à des troubles mentaux, la danse visant à se lâcher et sortir des conventions pendant quelques minutes de bonheur) ou la chanson. Composée par le jazzman Boyd Atkins, « Heebie jeebies » devint célèbre avec la reprise de Louis Armstrong en 1926.

Concerto en si mineur op.104 (A. Dvorak)

Le concerto en si mineur, Op.104 pour violoncelle d’Anton Dvorak est parmi mes préférés. Il est l’une des plus belles oeuvres du compositeur tchèque.

Son premier mouvement (Allegro) est flamboyant. Si vous êtes attentif, quelques mesures vous rappelleront la Neuvième Symphonie, écrite elle aussi à New York quelques mois plus tôt.

Le second mouvement (Adagio) est empreint de tristesse. Dvorak a perdu trois enfants et Josefina Kaunikova, son amour de jeunesse, est morte elle aussi. Nostalgique, le violoncelle vibre et clame son émotion.

Enfin, le final . Dvorak l’a écrit pour son ami de toujours, le violoncelliste Hanus Wihan dont il a conservé les doigtés en mémoire. Une querelle opposera les deux musiciens, Dvorak exigeant que le final soit plus lent afin de rendre hommage à Josefina. Engagé à Prague, Wihan ne pourra jouer la première. C’est le violoncelliste Léo Stern qui à Londres, le 19 Mars 1896, aura cet honneur.

Je vous propose d’écouter le concerto en si mineur d’Anton Dvorak interprété par Mstislav Rostropovich sous la baguette de Seiji Ozawa.