Coup de barre #52

Le prévenu comparaît pour avoir dégradé un véhicule stationné dans un parking.

-J’ai vu la voiture ouverte et une sacoche sur le siège. Je me suis dit c’est un don de Dieu !

« Au tribunal, on appelle ça un vol ».


Au carrefour giratoire, le véhicule de monsieur D. zigzaguait dangereusement. Encore !

La Présidente : « Pourquoi avez-vous refusé de souffler dans l’éthylotest ?

-Parce que tout me saoule dans la vie !

« Et qu’aviez-vous bu, Monsieur, avant de prendre le volant ?

-Un litre de vodka, Madame la Présidente. Mais tout doucement !


Le Tribunal étudie la personnalité du prévenu. Plusieurs questions lui sont posées sur sa famille et sa profession. Pour clore cet examen, le Président de l’audience lui demande :

« Avez-vous quelque chose à ajouter, Monsieur ?

-Oui ! J’ai faim. Parce que le gendarme a mangé mon sandwich.



S’en suit l’examen des faits.

« Madame la Présidente, je tiens à dire que je constate les faits.

-Vous constatez ou vous contestez les faits, Monsieur ?

-Ah oui, je conteste les faits, Madame la Présidente, je conteste !


Enfin, l’audience s’achève.

« Vous avez la parole en dernier, Monsieur. »

-Ouh la ! Si je commence à vous parler de moi, on n’est pas couchés !


L’audience est levée !

Tant que le café est encore chaud (T. Kawaguchi)

A l’instant où Kazu finit de lire la lettre, Mme Kôtake et Kei levèrent les yeux au plafond et éclatèrent en sanglots.

Mme Kôtake comprenait maintenant pourquoi son mari lui avait remis la lettre, à elle qui venait du futur. Il savait qu’elle découvrirait sa maladie et comment elle réagirait. Et en effet, elle se comportait maintenant avec lui comme une infirmière.

Alors qu’il vivait dans la peur et l’angoisse de perdre la mémoire, tout ce qu’il voulait, c’était que Mme Kôtake continue d’être une épouse avec lui. Ses pensées étaient constamment tournées vers elle. Même si sa mémoire disparaissait. Voilà pourquoi il parcourait toujours des magazines de voyages.



Mme Kôtake avait remarqué un jour qu’il avait entouré les noms des lieux où ils étaient allés voir des jardins. Sur le moment, elle avait attribué ça à la persistance de son amour pour son métier de paysagiste. Mais elle était loin du compte. Il avait entouré tous les lieux où ils s’étaient rendus ensemble. Et dire qu’elle ne l’avait pas compris. En prenant ces notes, M. Fusagi luttait pour ne pas oublier sa femme.


Ecrivain, dramaturge et metteur en scène japonais, Toshikazu Kawagushi est né en 1971. « Tant que le café est encore chaud » est le premier d’une série de 5 romans. Adapté au théâtre et à l’écran, l’ouvrage s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires.