Coup de barre #48

COIN-LES-CUVRY. Dans cette petite commune mosellane circule une pétition réclamant une évolution du droit. Bientôt, se tiendra une audience devant le Juge des Référés.

Janvier 2024. Julien Ruaro, Conseiller municipal d’opposition s’étonne de ne pas avoir été convié au prochain Conseil Municipal. Il se rend en Mairie où il apprend qu’un courrier recommandé avec accusé de réception, signé de son nom et valant démission, a été reçu par Madame le Maire le 23 Janvier. Que dès réception, sans le contacter, la maire de Coin-lès-Cuvry a écrit au préfet pour prendre acte de cette démission qui, en vertu de la loi, est devenue définitive.

Julien Ruaro pense d’abord à une mauvaise blague. Puis réalise que l’affaire est bien sérieuse. L’élu conteste avoir démissionné, expliquant qu’il n’est pas l’auteur de la lettre. Mais rien n’y fait. Il faut dire que depuis plusieurs mois, Julien Ruaro est en bisbilles avec le premier adjoint de la mairie sur fond d’accusations graves.

Qui a écrit cette lettre ? Julien Ruaro dépose plainte. L’enquête de gendarmerie diligente un graphologue. L’expert est formel : Julien Ruaro n’est pas l’auteur de la lettre de démission. Ni même aucun membre de l’équipe municipale.

La missive comporte 44 lignes de mentions dactylographiées suivies d’une signature illisible apposée à l’aide d’un stylo bille de couleur bleue. Les mentions manuscrites, notamment sur le bordereau d’envoi de la lettre avec accusé de réception sont à attribuer à la main d’un tiers – L’expert

Alors ? Qui est le corbeau ? La question reste entière. N’ayant pas démissionné, Julien Ruaro peut-il réintégrer son mandat ?

Le juge des Référés du Tribunal Administratif de Strasbourg aura à statuer le 13 Mai.

[LTM] Louise Farrenc

En Mai, fais ce qu’il te plaît ! Sur le Scribe Enjoué, nous vous parlerons des compositrices françaises du XIXème siècle. Beaucoup restent méconnues alors que d’autres jouissent, au contraire, d’une grande notoriété. Toutes ont tenté de s’affranchir de la tutelle des hommes pour faire connaître leur musique.


Jeanne-Louise Dumont naît à Paris le 31 Mai 1804. Le Premier Consul Bonaparte vient d’obtenir, par voie constitutionnelle, la dignité d’Empereur des Français sous le nom de Napoléon Ier. Tandis que Murat gouverne Paris, Beethoven compose Fidelio en Autriche .

Jeanne-Louise choisit le piano. L’enfant est particulièrement douée. En 1819, la jeune Jeanne-Louise se forme à la composition aux côtés d’Antoine Reicha, célèbre professeur au Conservatoire de Paris.

Sous l’Empire, les jeunes filles sont élevées pour se marier et avoir des enfants. La pratique d’un instrument , atout de séduction favorise les belles unions. Les femmes ne peuvent et ne doivent vivre de leur musique.

En 1821, Jeanne-Louise épouse Aristide Farrenc, flûtiste, compositeur et éditeur de musique. Chaque soir, leur maison accueille mélomanes et grands musiciens. A ses heures perdues, Louise Farrenc compose pour ces instruments que l’on a interdits aux femmes parce qu’il leur faut écarter les jambes (le violoncelle) ou les porter à la bouche (flûte, clarinette, hautbois).



Soutenue par son mari, Louise Farrenc se bat pour faire jouer ses oeuvres. Elle suscite ainsi l’admiration de Schumann et Berlioz. Les critiques disent d’elle qu’elle

« compose comme un homme ».

En 1842, Louise Farrenc est nommée professeure de piano au Conservatoire de Paris. Les classes n’étant pas mixtes, elle enseigne aux jeunes filles. Elle obtiendra même d’être rémunérée … comme un homme.

Louise Farrenc fuira les opéras, en vogue à l’époque. Tombée dans l’oubli, elle restera la seule femme à avoir composé trois symphonies qui aujourd’hui, sont redécouvertes et jouées par de grands orchestres internationaux.

Notre préférée :


Louise Farrenc a composé plus de soixante oeuvres. Elle s’est éteinte le 15 Septembre 1875 à Paris.

La journée des libraires indépendants

Ce 26 Avril, nous célébrions les libraires indépendants, ces petits commerçants « pas comme les autres » qui font vivre nos quartiers et transmettent leur passion des livres. Et, à l’occasion de cette journée, nous avons été gâtée par de beaux (et surprenants !) cadeaux.

Un livret sur les fantômes dans la littérature du XIXème siècle



Etrange, non ? Ce petit livre de 12 pages évoque « le siècle d’or du fantastique » qui jouait faire peur aux lecteurs friands de sensations troubles. Spiritisme, fantômes (réels ou imaginaires), zombies ou têtes coupées qui parlent… les auteurs français avaient la plume imaginative. En tout cas saignante s’il en était besoin.

Où nous sommes ?

Ces 15 cartes postales représentent les plaques de rues d’immeubles parisiens ayant abrité de célèbres auteurs. « L’écrivain Georges Perec a vécu dans cet immeuble de 1974 à 1982« . Nous sommes au 13 Rue Linné. « Marcel Proust vint demeurer ici en Octobre 1919. Il y mourut le 18 Novembre 1922« . Nous nous transportons au 44, Rue de l’Amiral-Hamelin.

Au dos de chaque carte, une anecdote sur l’auteur … Quinze trésors !



« La dédicace tient une place majeure en offrant aux lecteurs les premiers mots du livre » écrit Claire Morel en introduction de ce livret sur les dédicaces.

Et c’est parfois très drôle !


Un recueil de poésie. Vous ne le verrez pas, l’ayant « offert » à mon amoureux des mots. 🙂

Enfin, esprit es-tu là ?

Marie-Rose Guarniéri, de l’association Verbes nous interroge : pourquoi les librairies ne sont-elles pas des commerces comme les autres ?

« Classer avec ferveur chaque livre par ordre alphabétique sur les étagères nous remet en ordre intérieurement et nous procure un apaisement indéfinissable. Tous les libraires en témoigneront, lorsque nous éteignons les lumières, le soir, que les turbulences entre nous et les livres s’évanouissent, nous recevons un cadeau : le salut de chacun des auteurs qui, toute la nuit, poursuivent sans nous leurs conciliabules insondables. « 

Pour profiter de ces beaux cadeaux (gratuits !), nous avons hissé le dernier ouvrage de Ludmila Oulitskaïa dans notre bibliothèque.