Une unique lueur – Fred Vargas

-Pardon, commissaire, dit-il à voix très basse mais j’ai besoin de faire du café. C’est possible ?

-Mais allez-y, Estalère. Vous avez sommeil ?

-Non, commissaire, je n’ai pas besoin de café.

Adamsberg marqua un temps d’arrêt, perplexe.

-Je ne vous suis pas, brigadier.

– Je n’ai pas besoin d’en boire, commissaire, chuchota le jeune homme dans un murmure embarrassé. J’ai juste besoin d’en faire.

-Besoin d’en faire ? Une seconde Estalère. Du café, je m’en prépare chaque matin et je vous garantis que verser de l’eau bouillante n’a rien d’un acte euphorisant. On doit mal se comprendre. Car en fin de compte, pourquoi vous occupez-vous du café ? Pour le plaisir de le confectionner, tout seul là-haut, dans ce vieux réduit très moche, ou pour celui de nous l’offrir ?

-Mais pour les deux, commissaire. Les musiciens le font bien. Les violonistes.

-Ils font quoi ? Tâchez d’être clair, Estalère, on dirait que vous cachez un secret d’Etat. Qu’est-ce que les violonistes viennent faire là-dedans ?

-Eh bien… ils composent par besoin et pour leur propre plaisir, seuls et dans n’importe quel vieux réduit moche, puis ils présentent leur oeuvre pour le plaisir des autres. Pas vrai ?

10 réflexions au sujet de « Une unique lueur – Fred Vargas »

    1. Quelques bons mots, en effet. Mais nouvelle déception car après une excellente entrée en matière, Fred Vargas s’est arrêtée en chemin. J’ai cependant passé un excellent moment avec le commissaire Adamsberg et son équipe.

        1. Je suis une grande fan de Fred Vargas. « Sous la dalle » m’avait aussi beaucoup déçue. Aussi j’attendais « Une unique lueur » avec impatience.
          Pas grave ! Je patienterai encore un peu ! 😀

  1. Je n’accroche pas à son écriture. Ni à ce qu’elle raconte. Et pourtant, j’ai essayé.

    1. Mais vous en avez le droit !
      Ce dernier opus est, disons-le, farfelu. Où est passée la grande Vargas ?

  2. La saynète est bien dans sa veine (que j’adore !). Est-ce là la seule bonne feuille du roman ? Je ne l’ai pas lu donc no comment sur le bouquin.
    Mais l’inspiration qui se tarit est toujours un risque omniprésent pour les écrivains tout comme pour les musiciens compositeurs. il y a des exemples à la pelle.

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