En Mai, fais ce qu’il te plaît ! Sur le Scribe Enjoué, nous vous parlons des compositrices françaises du XIXème siècle. Beaucoup restent méconnues alors que d’autres jouissent, au contraire, d’une grande notoriété. Toutes ont tenté de s’affranchir de la tutelle des hommes pour faire connaître leur musique.
Mélanie Bonis naît à Paris le 21 Janvier 1858, dans une famille bourgeoise. Un piano trône dans le salon aussi sur les conseils d’amis, la famille inscrit l’enfant à des cours de musique.
Les résultats de Mélanie sont excellents. A 18 ans, elle entre au Conservatoire de Paris où elle brille en classe de composition. Parmi les élèves, Claude Debussy.

Mélanie Bonis tombe amoureuse d’Amédée-Louis Hettich, poète chanteur et professeur de musique . Ses parents la retirent du Conservatoire qu’ils jugent trop libre, trop dévergondé et la marient à un riche industriel de 22 ans son aîné, Albert Domange, veuf d’un premier mariage et père de cinq enfants. Ensemble, ils auront trois enfants.
Albert Domange ne lui interdit pas de composer mais à la condition qu’elle publie sous le pseudonyme MEL (qui ne doit pas faire apparaître sa condition féminine).
Mélanie revoit son premier amour. Leur liaison lui donne l’envie de s’inscrire en tant que « compositeur » à la SACEM.
« La musique est une agonie d’aspirations vers le bonheur, une tension de tout mon être sensible, cordiale, vers une chose qui nous sourit et se dérobe à la fois »
Très pieuse, Mel Bonis accorde une place importante à la religion. « Un musicien athée est une chose monstrueuse » écrira-t-elle. La musique doit être un moyen d’approcher le monde immatériel. Mel Bonis apprendra l’orgue.
Sa musique est jouée dans les salons parisiens. Mais après la première guerre mondiale, l’époque a changé. Angoissée, la compositrice se réfugie dans la religion . Elle écrit ses mémoires qui seront publiées dans le recueil « Souvenirs et réflexions ».
Mel Bonis en 3 vidéos
« Mel Bonis fut la plus prolifique des compositrices françaises de musique de chambre du début du XXe siècle avec une trentaine de pièces dont la composition s’étale de 1892 à 1936. Elle donne au travers de ses œuvres maintes preuves de son inspiration et de son savoir-faire. Au-delà de sa technicité indéniable, sa musique frappe surtout par une qualité de nostalgie, une sensualité, une profonde mélancolie, reflets certains de sa propre relation quasi mystique à la musique. » Florence Launay, musicologue
Jusqu’à sa mort, Mélanie Bonis composera près de deux cents oeuvres, certaines déconcertantes. Malade, isolée, elle s’éteindra le 18 Mars 1937 à Sarcelles. Aujourd’hui, sa petite fille, pianiste elle aussi, nous fait redécouvrir sa musique.






