Créé en 1869 au Théâtre des Variétés à Paris, « Les Brigands » est un opéra-bouffe rocambolesque, au livret tumultueux d’Offenbach. L’oeuvre est quelque peu tombée dans l’oubli. Il faut dire que sa représentation, toujours grandiose, mobilise une trentaine de ténors et pas moins de cinquante-deux musiciens dans l’orchestre ! Le Figaro du 13 Décembre 1869 parlera d’une « partition un peu touffue« .
« Nous sommes les carabiniers,
La sécurité des foyers ;
Mais, par un malheureux hasard,
Au secours des particuliers
Nous arrivons toujours trop tard »
L’histoire
ACTE I : Dans les montagnes, une troupe de brigands projette d’enlever la princesse de Grenade qui doit épouser le duc de Mantoue. Les malfaiteurs veulent s’emparer de la dot. Leur chef, Falsacappa a une fille (Fiorella) qui est amoureuse de Fragoletto. Celui-ci propose d’entrer dans la bande en échange de la main de Fiorella. Falsacappa accèpte à la condition que le jeune homme fasse ses preuves.
ACTE II : Les bandits capturent un riche messager égaré : Falsacappa apprend que la cour de Mantoue versera trois millions à celui qui dans l’auberge de Pipo, accompagnera la princesse dont le portrait est joint à la lettre. Les brigands se déguisent en mendiants pour entrer dans l’auberge. Ils capturent l’aubergiste et enfilent ses vêtements.
Le baron de Campo-Tasso et les carabiniers du duc de Mantoue arrivent. Puis les Espagnols. Tous sont faits prisonniers et sont enfermés dans l’auberge. Fiorella se déguise en princesse. La troupe de Falsacappa se rend alors à Mantoue pour faire main basse sur les trois millions.
ACTE III : Pendant ce temps, le duc de Mantoue se prépare au mariage. Il convoque Antonio, son caissier, afin qu’il prépare les trois millions. Celui-ci assure que tout sera prêt alors qu’en réalité il a dilapidé l’argent de la caisse pour satisfaire, tout comme son maître, sa passion des femmes.
Les brigands arrivent au palais du duc. Comprenant que l’argent a disparu, Falsacappa veut faire pendre Antonio. A l’auberge, les prisonniers sont parvenus à se libérer et se rendent au palais. Les brigands sont démasqués. Mais grâce à Fiorella, une grâce leur sera accordée.
Chantons !
Acte II. Fiorella accepte de servir de doublure à la princesse, sous réserve que Fragoletto perçoive 15% des bénéfices et qu’elle l’épouse au plus vite.
Hé la ! hé la ! joli notaire, Arrêtez-vous, ne fût-ce qu’un instant ; Écoutez-nous, c’est une affaire :Pour un contrat, ici l’on vous attend…Tournez un peu la tête, arrêtez-vous, notaire ;Notaire, arrêtez-vous, ne fût-ce qu’un instant !Psitt ! psitt ! psitt !…— Pourquoi donc m’arrêter ?Qu’avez-vous à me dire ?— Ce qu’on va vous conter. Ne peut vous mécontenter.
LE CHŒUR.
Notaire, garde à vous !Rien n’est dangereux commeFaire attendre un jeune homme qui brûle d’être époux !
FIORELLA et FRAGOLETTO.
Mariez-nous, et tout de suite,Dépêchez-vous, tous deux nous sommes prêts,
Que nous puissions bien vite, vite,
Aller flâner un peu sous ces bosquets,
Ensemble et nous tenant de ces propos sans suite,
Propos charmants, sans cesse interrompus par des…
Fragoletto, Fiorella, puis tous les brigands imitent avec les lèvres le bruit des baisers.
Si vous avez un cœur, vous devez nous comprendre ;
Si vous avez un cœur,assurez notre bonheur !
CHŒUR
Notaire, garde à vous !
FIORELLA et FRAGOLETTO.
Si, par hasard, ce cher notaire, la fine fleur de nos tabellions, nous réclamait quelque honoraire, la bonne farce !… et comme nous ririons !…Si tu veux conserver ta perruque, ô notaire, Ne nous réclame rien et tourne les talons…(Riant.) Ha ! ha ! ha ! ha !
REPRISE DU CHŒUR
Notaire, garde à vous !







2 réponses à « Le duetto du Notaire (J. Offenbach) »
ça doit être très cher de monter un tel spectacle !! …
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En effet. Il faut des costumes, des décors… et des artistes de talent. Les Brigands ne sont guère représentés désormais. Mais à l’époque, la troupe jouait tous les soirs !
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