A compter du 29 Décembre (gare au Réveillon!), les automobilistes trop pressés relèveront du Tribunal correctionnel : l’excès de vitesse d’au moins 50 km/h au-dessus de la vitesse autorisée devient un délit, puni de trois mois d’emprisonnement outre 3 750 euros d’amende (peine maximale). (*)

« En classant désormais ce très grand excès de vitesse comme un délit, avec une réponse judiciaire plus ferme, nous envoyons un message clair : la violence routière n’est plus tolérée » écrit la ministre Marie-Pierre Vedrenne sur le site de la Place Beauvau. L’on en déduit que jusque-là, les délinquants routiers bénéficiaient d’une certaine clémence. Et d’ajouter : « Jusqu’à présent, le grand excès de vitesse était sanctionné par une contravention de 5e classe et ne constituait un délit que lorsqu’il est commis en état de récidive. Cette sanction n’est plus adaptée à la gravité des faits et à leur recrudescence.«
Sur le même site, Madame Vedrenne précise qu’en cas de condamnation, le permis de conduire du délinquant sera automatiquement annulé avec, en sus, l’interdiction (prononcée par le Tribunal) de solliciter la délivrance d’un nouveau permis pendant 3 ans. Cette peine s’ajoutera aux peines complémentaires existantes :
- obligation d’accomplir, à ses frais, un stage de sensibilisation à la sécurité routière, retrait de six points.
- confiscation du véhicule dont le conducteur s’est servi pour commettre l’infraction ;
- suspension, pour une durée de trois ans au plus, du permis de conduire ;
- interdiction de conduire certains véhicules terrestres à moteur, pour une durée de cinq ans au plus « .
Si vous avez trouvé Charlie, vous êtes attentif, bravo !

Au-delà, cette nouvelle peine aura-t-elle l’effet escompté ? Les automobilistes conduisent de plus en plus vite au volant de voitures suréquipées (lecteurs de CD, téléphones suspendus aux parebrises…) ou mal entretenues (pneus lisses, freins défectueux…). Sur nos routes, l’irresponsabilité de certains est effrayante. Et l’on ne compte plus le nombre de véhicules non assurés.
Et puis, ce dont personne ne parle : la responsabilité des auto-écoles. Les statistiques le démontrent : les jeunes conducteurs sont largement concernés. Alors, que n’ont-ils pas compris pendant leur formation ? Les « moniteurs » insistent-ils suffisamment sur ce qui, jadis, était éliminatoire à l’examen ?
Le grand excès de vitesse est surtout, et avant tout, un problème sociétal. La traduction d’un individualisme au volant et d’un refus des règles.
Il est à craindre que la correctionnalisation du grand excès de vitesse n’ait pour seul effet que d’engorger, encore un peu plus, nos tribunaux . Mais comment faire autrement ?

(*) Il vous en coûte actuellement 1500 € d’amende et 6 mois de suspension du permis de conduire Et 6 points en moins sur le permis de conduire.







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